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En effet, instaurer une lutte intégrée contre les moustiques, compatible avec le développement durable, rend indispensable de mieux connaître les effets non intentionnels, de les maîtriser et de les réduire chaque fois que possible. Cette démarche permet de répondre et aussi de dépasser les exigences réglementaires, pouvant, en particulier, constituer une part importante des études d’incidence sur les sites Natura 2000.


Ainsi, la Tâche n° 5 du projet avait pour objectif, notamment, de mettre en œuvre une série de procédures basées sur des méthodologies déjà éprouvées, visant à collecter dans l’espace et dans le temps des données pertinentes sur la qualité des milieux naturels, essentiellement en zones rurales, mais aussi périurbaines et urbaines, soumis aux opérations de lutte contre les moustiques nuisants ou vecteurs, afin d’en surveiller les effets.


Deux compartiments de l’environnement ont été pris en compte : le milieu aquatique et le milieu terrestre. Les méthodologies auxquelles il a été fait appel sont, pour la plupart, originales et adaptées. Elles ont été mises à l’épreuve sur des territoires aux caractéristiques parfois très spécifiques de chacun des partenaires avant d‘être adoptées en tant qu’éléments intrinsèques de leur stratégie de lutte.

Evaluation des effets non intentionnels sur les milieux aquatiques

Les méthodes retenues ont permis d’évaluer les effets des biocides (larvicides ou autres) sur les arthropodes aquatiques non cibles dans les milieux à submersion temporaire. Elles ont été élaborées dans le cadre de collaborations précédentes entre les partenaires et des institutions de recherche.


Des zones représentatives chez chaque partenaire ont fait l’objet de mesures de biodiversité et d’abondance des populations avant et après traitement (indice SPEAR, biomarqueurs d’exposition activités enzymatiques type chitobiase). L’expertise extérieure a été assurée par l’INRA de Rennes (Dr L. Lagadic, Equipe écotoxicologie et qualité des milieux, UMR 985 INRA-ENSAR) et l’IMBE de Marseille (Dr E. Franquet, Equipe écologie des eaux continentales, UMR CNRS/IRD, Université Paul-Cézanne).

Evaluation des effets non intentionnels en milieu terrestre

Plusieurs méthodologies ont été proposées.
La première a permis d’évaluer les effets non intentionnels des biocides sur les abeilles, prises ici en tant que sentinelles de l’environnement, afin d’évaluer en condition réelle leur sensibilité vis-à-vis des substances utilisées en LAV. Cette méthode comprend également des échantillonnages multiples et variés sur les milieux environnant les ruchers, afin de caractériser les niveaux de contamination. Ces travaux ont été menés en collaboration avec le CTIS de Lyon (Dr J. Devillers) et l’ACTA de Paris (Dr A. Decourtye)


La seconde a combiné plusieurs méthodes d’échantillonnage connues, afin d’évaluer les effets des adulticides sur les arthropodes terrestres (coléoptères) et les araignées. La sensibilité des organismes aux biocides a été testée sur site en étudiant la dynamique de population des différents peuplements échantillonnés soumis à des traitements. Les arthropodes ont été collectés à l’aide de pièges de Barber (gobelets enfoncés dans le sol), permettant de capturer la faune rampante. Ces travaux ont été conduits avec une assistance extérieure (Dr B. Dodelin).


La troisième méthodologie concerne le suivi de l’impact des engins de traitement terrestre sur la végétation. Différentes mesures ont été réalisées avant et après passage d’engin, sur des transects de 50 m de longueur et de 2 m de largeur : inventaire de la végétation, ainsi que sa hauteur et son état, mesures topographiques (dGPS) du sol, hauteur d’eau, suivi photographique. L’impact est évalué à court terme (le jour même) et à long terme (relevés mensuels).

Enfin, la dernière méthodologie a concerné le suivi de l’impact du dérangement occasionné sur les oiseaux par les opérations de traitement. Cette réflexion a été menée afin d’anticiper d’éventuelles mesures d’atténuation en fonction de la patrimonialité des stations d’espèces concernées. Le dérangement a été évalué à l’occasion de traitements tests, par comptage des oiseaux à court terme (immédiatement après passage de l’engin de traitement), à moyen terme (1 à 2 jours après) et à long terme (relevés mensuels).